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Miouz-et-Toiles présente pour la deuxième fois consécutive une programmation de films musicaux en parallèle aux concerts. Pour 2007, deux sections : la première est consacrée aux enfants de 4 à 14 ans, la seconde propose des documentaires sur des figures féminines du rock et du jazz, Nina Simone et Janis Joplin, ainsi qu’un documentaire sur le plus important des festivals rock en Angleterre, Glastonbury.
Documentaire couleur (France, 1976) - 1 heure
• Femme noire longtemps exploitée par les hommes de son entourage, traitée par le milieu musical comme il se devait à l’époque de ses débuts - c’est-à-dire très mal -, Nina Simone donnait à Paris en 1976 un concert légendaire. Née à Tryon (Caroline du Nord) en 1933, la chanteuse qui avait appris le piano classique, aurait pu devenir concertiste si elle n’avait pas été noire. Celle qui par admiration pour Signoret avait adopté le nom de Simone, montre ses dons hypnotiques, ses drôles d’arrangements au piano et sa voix poignante. I Love’s You Porgy, My Baby Just Cares For Me : les tubes s’enchaînent, ainsi que ses chansons militantes et rebelles, composées au cœur de la bataille pour les droits civiques aux Etats-Unis (Young, Gifted and Black, Mississippi Goddam) pour les quatre enfants noirs morts dans un attentat raciste en Alabama en 1963), Why (pour l’assassinat de Martin Luther King). Comme au temps de l’acerbe Backlash Blues (le blues du réac), elle maintient son drôle de chignon et son caractère de chien. En 1976, Nina, portée sur l’alcool et les paradis artificiels, avait déjà été lâchée par tout le monde et entamé un chemin de croix solitaire, borné d’humeur et d’envies. Ce concert parisien est une œuvre d’art, bâtie sur l’interaction avec le public, ses monologues, ses chansons interrompue par le milieu .
de Howard Alk (USA, 1975) Documentaire couleur - 96 minutes
Avec Janis Joplin, Sam Andrew, Dick Cavett
• Morte d’overdose en 1970, à l’âge de 27 ans, après avoir déchiré Summertime et balladé Me and Bobby McGee dans la faille profonde d’une adolescence cassée, Janis Joplin continue de prodiguer des conseils à la jeunesse Try (A Little Beat Harder) et de rappeler les constats d’époque, Women is Losers (les femmes sont les perdantes). Janis Joplin, écrit Jeanne-Martine Vacher, était « une fille d’un genre inconnu, un garçon à côté des garçons », aimant « manipuler la violence, susciter des troubles, les dangers, la violence ». En 1967, Janis entre dans le cercle du succès, en chantant Ball and Chain en tenue lamée collante au festival de Monterey, où cinquante mille babas célèbrent l’avènement de l’ère « Music, Love and Flowers ». Janis Joplin porte des rangées de colliers, des plumes, des surnoms (Shaman Mama, Pearl). Gagne-t-elle de l’argent avec le succès de Cheap Thrills, sorti en juillet 1968 ? Elle s’achète une Porsche décapotable, « fantasme du garçon brillantiné », selon la féministe Kate Millett, qui s’en achète une aussi. En août 1969, « Pearl » est à Woodstock, les bras bleuis par les injections, la voix déformée par l’alcool, insoumise pour toujours.
de Julian Temple(Grande-Bretagne, 2007) - Documentaire couleur sur le festival.
• En 1970, Michael Eavis, un jeune fermier ouvre sa ferme de 150 hectares à 1 500 personnes pour une livre. Le festival de Glastonbury est né. En 1971, quelques riches hippies, dont la petite-fille de Winston Churchill, financent l’événement : 12 500 personnes s’y rendent pour voir David Bowie et Joan Baez. Au fil du temps, le festival de Glastonbury s’impose comme incontournable pour les fans de rock. La pluie, la boue, la fête et la cacophonie sont souvent au rendez-vous. Longtemps squatté par les « travellers », spécialistes du franchissement illégal des barrières, le festival est aujourd’hui une véritable citadelle interdite. On verra dans le film de Julian Temple, Pete Doherty prenant un bain de foule, sous les yeux amoureux de Kate Moss, Björk impériale dans Human Behaviour, Joe Strummer, l’ex-chanteur défunt des Clash qui détruit les caméras, filmant son concert, pour affirmer son opposition à la société de télésurveillance.
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